Les loyers d’une location nue ne sont pas seulement soumis à l’impôt sur le revenu. Ils supportent aussi des prélèvements sociaux, calculés au taux de 17,2 % sur le revenu foncier net imposable. C’est ce point qui détermine le montant réellement dû par un propriétaire bailleur.
Ce que recouvrent les prélèvements sociaux sur revenus fonciers
Les prélèvements sociaux sur revenus fonciers concernent les revenus du patrimoine, dont les loyers issus d’une location nue. Ils s’ajoutent à l’impôt sur le revenu, selon les règles applicables à votre situation fiscale. Même lorsque les loyers ont déjà été déclarés, cette imposition sociale peut donc venir s’ajouter au calcul final.
Le taux global de 17,2 % regroupe trois contributions : la CSG à 9,2 %, la CRDS à 0,5 % et le prélèvement de solidarité à 7,5 %. Ces sommes sont calculées sur les revenus fonciers imposables, après application du régime fiscal retenu.
Qui est concerné en pratique ?
Le cas le plus fréquent est celui du propriétaire qui loue un logement vide et déclare des revenus fonciers. Cela peut être un bien détenu en direct, une maison louée à l’année, ou encore un revenu perçu via une indivision ou certaines sociétés civiles, selon les règles fiscales applicables. Dès lors qu’un revenu foncier net positif est imposable, les prélèvements sociaux doivent être pris en compte.
Il ne faut pas confondre ces revenus avec des revenus d’activité. Un salaire, une pension ou une activité indépendante obéissent à d’autres règles sociales. Les loyers nus relèvent, eux, des revenus du patrimoine.
Le taux applicable dépend surtout du type de location
La fiscalité change selon que le bien est loué vide ou meublé. Cette distinction compte, car elle détermine la catégorie de revenus, la base de calcul et, dans certains cas, la nature des prélèvements dus.

| Situation locative | Catégorie généralement concernée | Point d’attention |
|---|---|---|
| Location nue | Revenus fonciers | Prélèvements sociaux de 17,2 % sur le revenu net imposable |
| Location meublée non professionnelle | Bénéfices industriels et commerciaux | Traitement distinct des revenus fonciers, avec des règles propres au meublé |
| Location meublée professionnelle | Activité professionnelle | Peut relever d’un régime social spécifique, avec un taux distinct tel que 18,6 % selon la situation |
Location nue : le cas standard à 17,2 %
Pour une location nue, les revenus sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers. Le taux de 17,2 % s’applique sur la base nette retenue par l’administration fiscale. Ce taux ne dépend pas de votre tranche d’impôt sur le revenu. Un foyer non imposable peut donc rester redevable de prélèvements sociaux si ses revenus fonciers nets sont positifs.
Location meublée : une autre logique fiscale
La location meublée ne relève pas des revenus fonciers, mais d’une logique de bénéfices industriels et commerciaux. En location meublée non professionnelle, le traitement fiscal et déclaratif diffère donc de celui d’un bail nu. En location meublée professionnelle, le revenu peut être rapproché d’une activité professionnelle et faire intervenir des règles sociales différentes. Il serait donc risqué d’appliquer automatiquement le taux de 17,2 % à tous les loyers sans vérifier le statut exact de la location.
La base de calcul : le revenu net, pas les loyers bruts
Le calcul des prélèvements sociaux commence par une question simple : quel est le revenu réellement imposable après application du régime fiscal ? Les prélèvements sociaux sont calculés sur les revenus nets imposables, ce qui signifie que les charges ou l’abattement peuvent réduire l’assiette.
Déclarez vos revenus fonciers avec le formulaire officiel 2044 : Le formulaire officiel pour déclarer les revenus issus de la location de biens non meublés.
Micro-foncier : un calcul simplifié
Avec le micro-foncier, l’administration applique un abattement forfaitaire sur les loyers déclarés. Les prélèvements sociaux sont ensuite calculés sur le revenu net obtenu après cet abattement. Ce régime est simple à gérer, mais il peut être moins favorable si vos charges réelles sont élevées, par exemple les intérêts d’emprunt, les travaux, la taxe foncière, les frais de gestion ou les assurances.
Régime réel : les charges peuvent réduire fortement l’assiette
Au régime réel, vous déduisez les charges fiscalement admises pour déterminer votre revenu foncier net. Si les loyers encaissés sont élevés mais que les charges le sont aussi, la base soumise aux prélèvements sociaux peut être nettement inférieure au loyer brut. En cas de déficit foncier, les prélèvements sociaux ne s’appliquent pas sur un revenu foncier net positif inexistant, sous réserve des règles propres au déficit.
En pratique, deux biens affichant le même loyer peuvent produire un résultat très différent après charges, emprunt, travaux et prélèvements sociaux. Pour mesurer la rentabilité réelle, il faut regarder le flux net après impôt, pas seulement le loyer encaissé chaque mois. C’est souvent là que se joue l’écart entre un rendement annoncé et un rendement réellement disponible.
Exemple simple de calcul
Imaginons un propriétaire qui dégage un revenu foncier net imposable de 6 000 €. Les prélèvements sociaux dus au taux de 17,2 % s’élèvent à 1 032 €. Ce montant s’ajoute à l’impôt sur le revenu. Si le foyer est imposé dans une tranche significative, l’impact global peut devenir important et doit être intégré dans le calcul de rentabilité.
Non-résidents, affiliation étrangère et cas d’exonération
Les non-résidents propriétaires d’un bien loué en France doivent être vigilants. Le fait de vivre à l’étranger ne signifie pas automatiquement que les revenus immobiliers français échappent aux prélèvements sociaux. Certaines situations d’affiliation sociale peuvent toutefois modifier l’assujettissement.
Affiliation dans l’UE, l’EEE, au Royaume-Uni ou en Suisse
Les personnes affiliées à un régime d’assurance maladie d’un État de l’UE, de l’EEE, du Royaume-Uni ou de la Suisse peuvent bénéficier d’un traitement particulier. Dans ces situations, l’assujettissement à la CSG et à la CRDS peut être écarté, avec application du prélèvement de solidarité de 7,5 % lorsque les conditions sont réunies.
Cette règle est importante, car elle peut faire passer la charge sociale de 17,2 % à 7,5 %. Elle dépend toutefois de la situation personnelle du contribuable, notamment de son régime d’assurance maladie. Avant de déclarer ou de contester un avis d’imposition, mieux vaut vérifier ce point avec attention.
Non-imposition à l’impôt sur le revenu : attention à la confusion
Ne pas payer d’impôt sur le revenu ne vaut pas automatiquement exonération de prélèvements sociaux. Les deux mécanismes sont liés par la déclaration, mais ils ne répondent pas à la même logique. Si vos revenus fonciers nets sont positifs, les prélèvements sociaux peuvent être dus même lorsque votre impôt sur le revenu final est faible ou nul.
CSG déductible, déclaration et acomptes : les points à surveiller
Une partie de la CSG payée sur les revenus du patrimoine est déductible du revenu global l’année suivante. Le montant de CSG déductible est de 6,8 %. Cette déduction ne supprime pas les prélèvements sociaux, mais elle réduit le revenu imposable pris en compte plus tard.
Le décalage entre N et N+1
La logique fonctionne avec un décalage temporel. Vous percevez des revenus en année N, vous les déclarez, puis les prélèvements sociaux correspondants sont pris en compte selon le calendrier fiscal. La CSG déductible est ensuite reportée l’année suivante, en N+1, dans la déclaration. Ce décalage explique pourquoi certains propriétaires ont l’impression de payer deux fois, alors qu’il s’agit en réalité d’un enchaînement entre perception, déclaration, paiement et déduction partielle.
Où retrouve-t-on la CSG déductible ?
La CSG déductible figure sur la déclaration 2042, notamment en case 6DE lorsque le montant est prérempli ou à vérifier. Il est utile de contrôler les informations reportées, surtout après une variation importante de loyers, un changement de régime fiscal, une vente de bien ou le passage d’une location nue à une location meublée.
Les acomptes peuvent aussi être modulés ou supprimés dans certains cas via l’espace particulier sur impots.gouv.fr, par exemple si vous cessez de louer un bien ou si vos revenus fonciers diminuent nettement. Cette démarche évite d’avancer des montants qui ne correspondent plus à votre situation réelle.
En pratique, le bon réflexe consiste à suivre trois étapes simples : identifier la nature exacte de la location, calculer le revenu net imposable, puis appliquer le taux adapté à votre situation. C’est cette méthode qui permet d’éviter les erreurs les plus fréquentes et d’évaluer correctement le rendement net de votre patrimoine immobilier.
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